Quantique et photonique

Photonique et technologies quantiques en Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, les technologies quantiques sont au centre du partenariat Naquidis+, qui associe recherche, formation, industrialisation et valorisation. La Région en a défini deux axes : les capteurs et l'imagerie d'une part, le calcul et la communication d'autre part. Les développements laser abordent également ce domaine, avec les sources à fibre dans le visible visées par LUMEN et les lasers à faible bruit inscrits au programme annoncé de l'école d'été TALENTS Photonique.

Un partenariat régional pour 2026-2030

La Région Nouvelle-Aquitaine présente Naquidis+ comme la suite de l'initiative Naquidis, engagée en 2021. Elle impulse ce partenariat, coordonné par l'Institut d'Optique Graduate School, également désigné par le sigle IOGS. L'alliance rassemble plusieurs partenaires pour la période 2026-2030. Son objectif est de positionner la Nouvelle-Aquitaine sur les marchés émergents des technologies quantiques, en consolidant un écosystème qui associe les activités scientifiques à la formation et au développement industriel.

Naquidis+ préfigure aussi un futur Institut du quantique et de la photonique de Nouvelle-Aquitaine. La création de cet institut est envisagée à l'horizon 2030.

Capteurs et imagerie

Le premier axe stratégique de Naquidis+ porte sur les capteurs et l'imagerie quantiques. Les applications mentionnées par la Région concernent la santé, l'environnement, la navigation et l'industrie.

Dans le domaine des sources lumineuses, ALPhANOV cite à la fois la biophotonique et les technologies quantiques parmi les secteurs où existe une forte demande industrielle pour les lasers à fibre dans le visible. Le développement de ces sources constitue précisément l'objet du projet LUMEN.

Calcul et communications

Le second axe du partenariat concerne le calcul et la communication quantiques. La Région lui associe les infrastructures numériques, les architectures hybrides et la cryptographie postquantique.

Lasers et compétences

Lancé en avril 2025, LUMEN vise des lasers à fibre continus de forte puissance émettant directement dans le visible. La gamme ciblée s'étend de 500 à 700 nm. ALPhANOV décrit une gamme encore peu couverte par les solutions industrielles, particulièrement pour des puissances supérieures à 1 à 2 W. Le projet ambitionne de lever ces verrous technologiques et de développer un leadership international dans ce domaine.

Les sources étudiées reposent notamment sur des fibres fluorées dopées aux ions terres rares, une voie de développement citée par ALPhANOV pour lever les limites des solutions industrielles dans le visible. Dans le cadre de LUMEN, ALPhANOV travaille à la réalisation de réseaux de Bragg fibrés, également désignés par le sigle FBG. Les travaux visent des réseaux réflectifs dans le visible, inscrits par laser femtoseconde. Les travaux portent sur différentes fibres, aussi bien en silice qu'en verre fluoré.

Les lasers à faible bruit pour les applications quantiques et spatiales figuraient aussi au programme annoncé par ALPhANOV pour TALENTS Photonique. La troisième édition de cette école d'été internationale était annoncée à Bordeaux du 15 au 19 juin 2026. Le programme comprenait également les architectures laser pour la fusion par confinement inertiel. Un autre volet concernait les applications des lasers de haute intensité dans le spatial, le médical et le développement durable.

Sur le campus bordelais, l'Université de Bordeaux décrit la plateforme LightTECH Bordeaux, qui implique trois laboratoires. Elle réunit matériaux, lasers, électronique et intelligence artificielle avec l'ambition de faire émerger des dispositifs photoniques concrets à partir d'une recherche encore fondamentale. La sobriété et la durabilité de ces dispositifs font partie des objectifs annoncés. Les scientifiques en caractérisent finement les propriétés et les éprouvent pour prédire leur fiabilité en conditions réelles, afin d'examiner leur fonctionnement dans la durée au-delà du seul développement du dispositif.

La formation professionnelle constitue une autre composante des compétences photoniques régionales, avec une offre de formations industrielles enrichie dans les lycées de Nouvelle-Aquitaine. La Région rapporte l'ouverture du bac professionnel optique-photonique en septembre 2024 dans deux établissements : Kastler à Talence, en Gironde, et Branly à Châtellerault, dans la Vienne. Créé en 2023, ce baccalauréat porte l'intitulé « optique-photonique : technologies de la lumière ». Le lycée Kastler disposait déjà du BTS. La Région présente cette évolution de l'offre de formation comme une réponse aux besoins en compétences pour les métiers d'opérateurs et de techniciens de niveau bac professionnel, dans le domaine de l'optique-photonique et des technologies de la lumière.